Le SCOT en bref

Adopté à l’unanimité le 10 février 2017, le Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) de Lille Métropole présente les grandes orientations stratégiques en matière d’aménagement et de développement du territoire métropolitain d’ici 2035.

Ce document de planification à long terme concerne 1,26 million d’habitants répartis dans 133 communes dans deux intercommunalités membres : la Métropole Européenne de Lille (MEL) et la Communauté de communes Pévèle Carembault (CCPC).

Pour rappel, en 2020, la Communauté de communes de la Haute Deûle a fusionné avec la MEL au profit de cette dernière, tout comme la Communauté de communes de Weppes en 2017.

Le SCOT encadre les Plans locaux d’urbanisme (PLU) du territoire, et d’autres plans d’actions et de schémas comme les Programmes Locaux de l’Habitat (PLH), ou les Plans de mobilité (PDM, anciennement Plan de déplacements urbains – PDU).

Le SCOT de Lille Métropole énonce un projet d’aménagement propice à un développement cohérent et durable et permettant d’assurer un niveau de services et d’équipements satisfaisant aux habitants, de desservir efficacement le territoire, de préserver les terres agricoles et naturelles, de limiter la dépendance à l’automobile ou encore d’offrir un cadre de vie agréable etrespectueux de la santé publique.

Pour cela, le SCOT s’appuie sur les grandes orientations suivantes :

• maîtriser l’extension de la ville et optimiser la ressource foncière par des choix de projets priorisant le renouvellement urbain, la valorisation de la mixité fonctionnelle, des « densités contextualisées » et des variations des formes urbaines ;

• organiser le développement selon l’armature urbaine et l’armature verte et bleue. L’armature urbaine promeut une organisation multipolaire au regard de l’attractivité des territoires, des bassins de vie actuels et selon la desserte en transport en communs des communes les mieux équipées ;

• déterminer le compte foncier fixant des enveloppes maximales d’urbanisation des espaces naturels et agricoles par territoire (pour la CCPC et les territoires de la MEL dont l’ancienne Communauté de communes de Weppes et l’ancienne
Communauté de communes de la Haute-Deûle).

À l’échelle territoriale, le SCOT de Lille Métropole a développé une armature urbaine pour orienter le développement résidentiel au sein des pôles en présence concentrant, par niveau d’importance, les services de mobilité et de centralité.

L’armature urbaine du SCOT distingue deux grands types de territoires : l’agglomération centrale et le périurbain dit « couronne métropolitaine ». La distinction entre les deux territoires se base principalement sur l’organisation des tissus urbains et les modes d’habiter qui en découlent.
L’agglomération centrale se caractérise par une « nappe de tissus continus », sans distinction entre les communes, ponctuée de centralités. Les tissus des communes périurbaines sont circonscrits et distingués par des espaces naturels, agricoles ou forestiers. Chacun des deux territoires regroupe 3 catégories de communes (soit 6 au total) par ordre hiérarchique déterminé selon la concentration des services de mobilité et de centralité.

L’objectif de l’armature urbaine est d’acter la hiérarchie actuelle de la métropole pour en faire une clé de répartition du développement résidentiel.

Le territoire du SCOT de Lille Métropole est un noeud de transport stratégique au sein de l’Europe du Nord-Ouest enregistrant d’importants flux de marchandises et de personnes. Le renforcement de son accessibilité avec les principales métropoles françaises et européennes est indispensable pour l’ensemble des modes de transports (ferroviaire, routier, fluvial et aéroportuaire).

Le SCOT identifie la nécessité d’assurer une meilleure fiabilité des temps de parcours, tant pour le trafic interne de l’agglomération que pour les trafics d’échanges.

Il fixe pour objectif de :
• garantir et améliorer l’accessibilité du territoire ;
• rendre les déplacements plus fiables et les réseaux d’infrastructures plus robustes ;
• concilier et sécuriser les différents flux et modes de déplacement.

Dans un contexte marqué par une prépondérance de l’utilisation de l’automobile individuelle, la mobilité des habitants tend cependant à évoluer ces dernières années. Tous les transports en commun urbains, interurbains et ferroviaires connaissent une augmentation, accompagnée par de fortes attentes des usagers en termes de confort, fiabilité et « lisibilité » des services de transport. Les changements radicaux dus au contexte (comme les tensions sur les finances publiques, la volatilité du coût du carburant, la prise de conscience des enjeux environnementaux…) ont amené le Syndicat mixte du SCOT de Lille Métropole à
faire de la mobilité un sujet central et à la repenser en cohérence avec un développement urbain plus durable pour le territoire.

Le SCOT indique que, pour répondre aux besoins de ses habitants et accompagner l’ambition d’un regain d’attractivité de Lille Métropole, il est nécessaire de proposer une offre de logements cohérente en termes de quantité, de qualité et de diversité, tenant compte des évolutions sociétales et des enjeux posés par la transition énergétique.

La production d’une offre nouvelle de logements s’établira à la fois par la construction neuve mais également par la réhabilitation, la remise sur le marché de logements anciens et la transformation de bâtiments affectés à d’autres usages.

Il s’agit de développer l’attractivité résidentielle, de favoriser des parcours résidentiels fluides, de réduire la spécialisation socioéconomique des territoires et répondre aux besoins non satisfaits en termes de logements sociaux et de logements abordables.

Il s’agit, en outre, de répondre aux exigences de la loi en vigueur en matière de logements sociaux.

Le SCOT de Lille Métropole vise à préparer l’économie de demain et à développer l’emploi en renforçant ou en faisant émerger cinq grands écosystèmes économiques, c’est-à-dire cinq grandes dynamiques qui s’appuient sur les atouts historiques du territoire et ses fleurons en matière d’innovation : 

• la métropole agricole ;
• la métropole marchande ;
• la métropole productive et durable ;
• la métropole de la culture, de la créativité et du tourisme ;
• la métropole de la santé et des services à la personne.

Cette économie de demain trouve aussi ses fondamentaux sur des principes de modération de la consommation foncière alliée à une politique foncière et immobilière à mettre en place :

• valoriser prioritairement des espaces déjà urbanisés pour favoriser une régénération du tissu économique ;
• renforcer la ville des proximités, pour les habitants comme pour les entreprises ;
• valoriser des sites les plus accessibles par des infrastructures de transports existantes ou à venir.

Faire son marché, s’approvisionner, s’habiller, rénover sa maison ou jardiner, sont autant d’occasions d’achats, des plus quotidiens aux plus occasionnels. Parce qu’il s’agit de répondre aux besoins des habitants, ainsi que des usagers du territoire (travailleurs, touristes) et ce, quels que soit leurs moyens financiers, il revient au SCOT de Lille Métropole de garantir un bon niveau d’équipement commercial du territoire, aussi bien sur le plan de la répartition spatiale que de la diversité de l’offre.

La priorité de localisation est donnée à l’implantation des activités commerciales et de services dans les espaces à vocation mixte du tissu urbain, qu’ils soient existants ou futurs. Pour cela, le DOO du SCOT présente des règles précises d’organisation de ces activités à l’échelle de la métropole lilloise, synthétisées en une armature commerciale, en lien avec la carte de l’armature urbaine du SCOT.

Le commerce doit (re)trouver sa place dans le tissu urbain mixte des villes, bien desservi de manière multimodale, notamment par les transports en commun et les modes actifs (vélo, piétons), là où il peut contribuer au rayonnement des quartiers et des centralités urbaines.

L’action en faveur de l’exemplarité environnementale du territoire est indissociable de l’ambition d’un regain d’attractivité de la métropole lilloise.

Ces dernières années, la métropole s’est distinguée par des progrès considérables sur les questions d’environnement : trame verte et bleue, prise en charge des friches et des sols pollués, gestion des déchets… L’objectif affirmé par le SCOT de Lille Métropole en 2017 est de poursuivre et conforter ces politiques. Celle relative à la dimension écologique de la trame verte et bleue est en particulier renforcée.

Pour les 20 prochaines années, une attention particulière sera portée sur l’enjeu, très spécifique au territoire, de pérennisation de la ressource en eau et de sécurisation de l’approvisionnement en eau potable.

La métropole lilloise doit aussi s’engager dans la transition énergétique, notamment en cherchant la polarisation du développement urbain, la mixité des fonctions et la réhabilitation thermique massive de son parc de logements.

Une meilleure intégration des problématiques de risques, pollutions et nuisances est demandée à tous les stades de l’aménagement et en cohérence avec les documents cadres en la matière : SDAGE (Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux), PGRI (Plan de Gestion du Risque Inondation), SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux), PPA (Plan de Protection de l’Atmosphère), PPBE (Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement), etc.

L’amélioration du cadre de vie est une ambition transversale du SCOT de Lille Métropole. Elle contribue, par la diversité et la dimension humaine des thématiques qu’elle traite (patrimoine, espaces publics, entrées de ville, politiques culturelles et sportives…), à porter une identité commune.

Cette dernière doit se traduire au sein des projets, toutes échelles confondues (intercommunale, de quartier, à l’îlot…) et dans la capacité à relier les entités urbaines avec les transports en commun et les modes actifs en support prioritaire.